« J’ai été violé par mon père » : Jusqu’où la folie sexuelle détruira-t-elle la cellule familiale gabonaise ?

Bonjour les meilleurs lecteurs du monde mondial.

J’espère que vous allez tous bien. Alors que j’étais allongée sur mon lit, je repensais à une vidéo qui avait été partagée sur la toile. Un père et une mère, de nationalité gabonaise, mis aux arrêts pour les abus du père sur leur jeune fille. J’ai été outrée lorsque le bourreau a pris la parole et a dit cette phrase que j’ai marqué sur le teaser de cet article « J’étais allongé et je ne sais pas comment, je me suis retrouvé sur ma fille entrain de la pénétrer… » . Le pire, c’est que cela se passait sous le regard de la mère. J’ai essayé de me repasser un tel scénario dans ma tête sans trouver une once de normalité et de sens dans cet acte. L’amnésie, la folie, la possession, le trouble mental ou la reproduction d’expérience vécue sur sa progéniture…. je l’ignore, mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut qu’on en parle. Le viol se définit comme le fait d’avoir des rapports non consentis avec un individu. Que ce soit des attouchements sexuels ou une pénétration vaginale, anale ou buccale, tout ceci est considéré comme viol, dans la mesure où la personne en face de nous exprime un refus. Avoir des rapports sexuels avec une personne devrait être un plaisir, si l’on en croit les dires, c’est même l’une des choses les plus plaisantes qui puissent exister. A contrario, ressentir sa décision bafouée et son corps être meurtri pour un plaisir solitaire peut être l’expérience la plus traumatisante et meurtrière qui puisse arriver à un tiers.

Au cours de mes recherches, je suis tombée sur ceci : « Il se commet 685 viols par jour, soit 250.000 viols chaque année dans le monde (viols déclarés), dont 84.767 aux Etats-Unis et 66.196 en Afrique du Sud » ( source : Planetoscope.com). Une autre donnée effarante, « Selon une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), menée auprès d’un échantillon de plus de 27.000 femmes et hommes en 2015, 15,3 % des adultes aujourd’hui disent avoir subi des violences pendant l’enfance.« 

Si être abusé par un inconnu peut être une expérience épouvantable, que dirait-on d’un enfant qui se serait fait abusé par ses parents ? Lorsque l’emblème même de la sécurité devient le symbole de la peur ? Que ressent la victime lorsque la figure paternelle devient un souvenir horrifiant et un dos derrière lequel elle ne peut plus se cacher ?

Tabous, sacrifices et africanisme : le viol dans notre culture

La plupart des confessions de viols se font à l’âge adulte. Pourquoi ? Parce que la mentalité, la culture et les moeurs africaines respectent un code parfois illogique qui parfois me garde en stupéfaction. Selon certaines mères, lorsque l’enfant se rapproche pour raconter qu’il a subi des attouchements de la part de l’oncle riche de la famille, elle demande à l’enfant de se taire. Pour ne pas attirer l’opprobre sur la famille ? Continuer à bénéficier de l’aide financière de l’oncle en échange de l’innocence de son enfant ? Pour ne pas être le sujet de commérage ?

Une personne de mon entourage a été violé à ses treize (13) ans par le petit ami de sa mère. Lorsque la maman est rentrée du travail, l’enfant s’est précipité vers la maman pour le lui raconter : elle y a cru mais a dit à l’enfant de se taire. Pendant deux (2) ans, la mère de cette dernière est restée avec cet homme qui venait de briser la vie de sa fille. La laissant parfois seule avec ce dernier dans le studio dans lequel ils habitaient en ce temps-là. La fille a alors décidé de fuguer chez son père. L’ayant appris, sa mère l’a menacé de mort si jamais elle décidait d’en parler à sa famille paternelle.

Lorsque nous entendons des histoires de viol sur des nourrissons, des enfants de deux (2) ans, nous avons tendance à relégué ça sur le compte du mysticisme. Simplement parce que notre esprit humain n’arrive pas à concevoir que des personnes normalement constituées mentalement puissent commettre des actes aussi inhumains. Mais, parfois, ces pères ou ces oncles reproduisent des actes qu’ils ont subi mais n’en ont jamais parlé. Parce que plus jeune, eux aussi ont été confronté au mur du silence, à l’indifférence de la famille, au laxisme de certaines mères qui voulaient une aide financière, qui évitaient le scandale.

On en parle peu, mais des femmes ont livré leur jeune fille à leur conjoint pour garder ces hommes. On ne le dit pas, mais certaines filles sont considérées comme épouses de leur père devant les yeux des mamans. On le tait, mais des petites filles subissent continuellement des attouchements à chaque visite de l’oncle qui laisse toujours « 10.000 fcfa à sa nièce préférée, sa petite femme » . On fait fi de l’ignorer, mais des petits garçons perdent leur virilité pour que leurs pères deviennent riches.

Comment un homme peut avoir une érection devant un bébé de deux (2) ans ? Quoi, c’est l’odeur de la poudre et les bourrelets qui font monter l’excitation en lui ? Les cris de douleur de l’enfant résonnent dans ses oreilles comme des gémissements ? Jouit-il ?

La victime et sa vision de la famille

Lorsque le symbole de la paix et de la sécurité se retrouve brisé, que nous restent-ils ? Alors que le super-héros revêt une cape de super vilain qui viendrait à la rescousse ? Si je crie, qui viendrait ? Alors que la victime perçoit son corps comme un déchet, qu’elle remet sa vie en cause, elle pense à comment retournerait-elle vivre sous le même toit de ses agresseurs ?

Au Gabon, bien qu’il existe des psychologues, je crains que les parents n’y emmènent pas leurs enfants. Comment expliqueront-ils qu’ils ont brisé la vie de leur fille ou de leur fils pour de l’argent ou pour cinq (5) minutes de plaisir ? Retour à la case départ pour la victime. Par la suite, certaines victimes décident de ne pas faire d’enfants. D’autres se suicident. Le reste vit avec une blessure émotionnelle profonde et se referme sur eux. Ils se détachent progressivement des membres de leur famille, ils se créent une bulle où soit ils deviennent leur propre héros ou alors, ils pensent qu’ils n’auraient jamais du naître. Je pourrai tenter de mettre des mots dessus, mais je ne le ferai jamais mieux qu’une victime.

Quelques cas de viols incestueux au Gabon…

Quel est le mot des autorités et des populations face à cela ?

Que ce soit en France ou dans les pays africains, plusieurs cas de viols sont selon moi pris la légère. Alors que la sanction de viol sur mineur est de trente (30) ans, je vois plusieurs cas où les bourreaux prennent pour 5,10 ou 15 ans, Ce n’est pas assez !

Un cas qui m’a troublé est que récemment, plus précisément en Août 2020, le patron du B2, donc de la police a été jeté en prison pour viol. Comment le symbole de la loi qui devrait défendre la cause des enfants de la patrie se retrouve également écroué pour des raisons aussi macabres ? Je crois qu’il est tant de dire stop, de dénoncer les actes de viol, d’en parler et de ne pas détruire des vies en réduisant les victimes au silence.

NOUS NE SOMMES PAS DE VULGAIRES SACRIFICES ! NOUS NE SOMMES PAS DES OBJETS SEXUELS ! NOUS NE SOMMES PAS DES INSTRUMENTS DE VENGEANCE !

NOUS SOMMES DES ENFANTS ET NOUS AVONS BESOIN DE DECOUVRIR LA SEXUALITE DANS SA SPLENDEUR. RENDEZ-NOUS NOTRE INNOCENCE !

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